Repos forcé de six semaines

Dernièrement, j’ai été extrêmement occupée par de nombreux projets, expositions, peintures, nouveaux cours de photographie, événements sociaux. Loin de moi l’idée d’utiliser ceci comme excuse pour le manque de nouveaux billets sur mon blogue, mais c’est la vie !

 

Tout ceci s’est soudainement arrêté la semaine dernière sur le chemin asphalté de mon amie. Une chute bête, un pied qui part vers l’avant et le genou de l’autre jambe qui absorbe totalement le poids de mon corps, fracturant la rotule (patella) en deux morceaux. Impermanence ! Une seconde tu est en forme, la seconde d’après, tu est étendue sur le chemin de quelqu’un, incapable de bouger. Par chance, les deux toiles que je tenais, une dans chaque main ont été épargnées ! Mon premier voyage en ambulance, je me sentais comme dans Chicago Fire. J’ai été surprise de l’espace confiné de la partie arrière du véhicule. Service et traitement excellents de la part des ambulanciers et des premiers répondants arrivés sur la scène 10-15 minutes avant l’ambulance.

 

J’ai été chanceuse car l’urgence de l’hôpital n’était pas très occupée quand ils m’y ont amenée et ils se sont occupés de moi immédiatement. J’ai pu voir un docteur en dedans d’une heure et ai été opérée par le chirurgien orthopédique en devoir deux heures plus tard le même soir. Ils ne vous gardent pas longtemps à l’hôpital quand tout va bien, je suis sortie et de retour à la maison en moins de 24 heures avec des broches et des fils métalliques en plus dans le corps.

 

Depuis, je regarde la vie passer devant moi. Les premières journées ont été remplies d’appels d’amis, de visites de famille, des visites cédulées des infirmières qui viennent changer le pansement, la physiothérapie et s’habituer à ne rien faire entre tout cela. La pire chose est la dépendance, un proche deuxième est l’absence de mobilité. La première semaine, pendant que je m’habituais à la marchette et à la canne pour négocier les escaliers, j’avais encore besoin de quelqu’un pour monter mes pieds, m’apporter mon thé, me faire mes repas et choses du genre.

 

Une semaine plus tard, je me sens très forte et pleine d’énergie le matin jusqu’à ce que je sois debout un peu trop longtemps. Cette énergie me quitte vers 14-15 heures.

 

La chose la plus surprenante à propos de tout cela est qu’après les premiers jours, ma tête est comme devenue vide, calme et silencieuse. Ceci est très étrange pour moi de n’avoir rien à planifier, exécuter, à penser. Après avoir cancellé les rendez-vous et engagements variés du prochain mois, étant donné que je dois garder ma jambe élevée autant que possible et dois aussi la garder dans une attelle jambière quand je suis debout ou couchée pour prévenir que ma jambe ne plie plus que permis au cours des 6 prochaines semaines, je me suis retrouvée à ne penser à rien. Est-ce même possible?

 

Le processus biologique de guérison est très intéressant et complexe. Je sens l’énergie qui se rassemble au niveau de l’aire qui a besoin de se renouveler. Plusieurs systèmes sont impliqués et je me demande si ceci a à faire avec le sentiment de vide qui m’envahit, comme si le reste de mon corps respectait le processus et ralentissait, demandait moins d’énergie afin que celle-ci soit concentrée sur le site de la blessure. C’est peut-être une question de médicaments aussi je suppose, les antidouleurs sont quand même assez forts même si la douleur n’est pas contrôlée.

 

Pour la première fois, l’absence de mouvement corporel entraîne chez moi une absence de concentration qui m’est totalement étrangère. Quand j’étais à l’hôpital,  je m’étais imaginée en train d’écrire, de travailler sur les sites web, de peindre, toutes sortes d’activités que l’on peut faire sans trop bouger, mais ce manque de concentration m’empêche d’être « productive », et me laisse à regarder devant moi sans être capable de faire quoi que ce soit sauf lire un peu ou parler au téléphone. Un état inhabituel pour moi. Étonnamment, je trouve que les journées passent assez rapidement et je me sens fatiguée même si mon corps est oisif. Malgré de longues périodes d’inactivité, je me sens un peu anxieuse du manque de temps à cause de ce manque de concentration. Je devrais dessiner, faire de la recherche….

 

Le processus de guérison prend beaucoup d’énergie. Jusqu’à hier, j’avais de la difficulté à compléter une pensée ou une phrase sans en perdre le fil. Ah ! Après toutes ces années à essayer de me calmer et méditer, ais-je enfin trouvé la réponse? Ma fille a suggéré d’utiliser ce temps pour améliorer ma technique de méditation mais j’en suis encore incapable.

 

Je me demande comment ce serait de vivre ainsi tout le temps, pas immobilisée, mais avec une tête vide, un environnement sans soucis où on vit un moment à la fois. Vivre le moment présent est un idéal auquel je travaille depuis longtemps. mais vivre le moment présent avec une tête qui manque de focus est à la fois étrange et préoccupant, comme s’il nous manque un élément essentiel de la vie.

 

J’avais planifié commencer une cédule hier mais ça n’a pas marché. Je ramasserai mon équipement pour dessiner et commencerai un projet de dessin dans ma chaise longue au cours des prochains jours. Quand l’inspiration ne vient pas, tu dois la rejoindre en utilisant tes outils. Cela me semble une bonne idée !

 

4 commentaires

  1. La SAGESSE commence à t’ habiter….pour que cela continue….il faut de la place, en fait le vide….et la VIE a horreur du vide et ELLE le comble….

    Je t’embrasse..

    PE

    Envoyé de mon IPad

    >

    1. Tu as bien raison PE c’est certain, mais difficile à accepter, ce vide, c’est étrange. Malgré toutes mes incursions dans le silence et la spiritualité, jamais le vide comme ce qui m’habite maintenant, l’attente…

  2. Salut ma cousine,

    Je viens de te lire, je te souhaite un prompt rétablissement. J’ai déjà connu quelque fois ce temps d’arrêt où tu dois ralentir, ​où tu es face à toi même et attendre de pouvoir retrouver l’autonomie, la liberté! Cela ma appris la patience et la persévérance devant les choses que l’on ne peut changer, d’accepter et surtout de comprendre d’avantage les gens dont la vie à basculer en permanence pour le reste de leur vie. Prend ce temps d’arrêt pour penser d’avantage à toi et refaire le plein d’énergie!

    Je t’embrasse,

    Ta cousine Diane xx

    1. Merci Diane pour cette belle pensée. Tu as raison, je me cherchais des heures et de l’énergie pour tout faire avant que ça arrive. Je prends ce temps de réflexion et de repos forcé. J’accepte xx

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