Compléter l’oeuvre

« Achever une peinture requiert un cœur d’acier : chaque élément sollicite une décision et je rencontre des difficultés là où je m’y en attend le moins »  Eugène Delacroix 

 

Ceci est très vrai. Même si on essaie de planifier et de penser à tout à l’avance, il est presqu’ impossible de compléter quelque œuvre d’art sans rencontrer un nombre plus ou moins grand de difficultés. Dans la pratique de l’art, ceci va de soi. C’est souvent pourquoi on aime commencer les projets mais on peine à terminer. Jusqu’à la fin et malgré la planification, il est difficile de savoir à quoi s’attendre exactement. Cette incertitude devient souvent la raison principale pour laquelle on peine à se rendre à la fin du tableau, du livre, du poème. Ceci fait partie des difficultés du métier. Finir l’œuvre est souvent un acte de courage, qui demande la détermination de continuer même quand c’est laborieux  et même s’il semble que rien n’aboutira comme on veut.

 

De plus, finir le tableau est comme dire au revoir à un ami, à quelque chose auquel on est devenu attaché, à quelque chose qui habite nos pensées, souvent nuit et jour, surtout quand on rencontre des difficultés. Le cerveau qui travaille à  solutionner la question, qui demande, devrais-je changer la couleur de ceci ou cela, devrais-je foncer ou éclaircir un peu plus ce détail? Cette constance qui habite notre tête, cette anticipation à retrouver nos pinceaux et à travailler sur l’œuvre commencée, cette curiosité à savoir, à voir se développer sous nos yeux quelque chose qui n’est jamais exactement comme on s’y attendait.

 

Pour  plusieurs d’entre nous, l’excitation du début et la patience nécessaire pour travailler chaque jour sont plus faciles que de prendre la décision qu’il est temps de compléter le tableau et  de vernir. Le point final, ça y est, c’est terminé. Il y a aussi l’insécurité de savoir si notre travail sera, non seulement bien reçu, mais satisfaisant à nos yeux. Certains tableaux sont brillants tandis que d’autres sont presque médiocres. Il y a toujours des surprises qui surviennent, des bonnes et des mauvaises, des difficultés qui surgissent.

 

Il est important de comprendre que les erreurs, les gaffes sont normales dans le processus créatif et que c’est même une manière certaine d’apprendre et de progresser. Il est certain que de faire des erreurs n’est pas le but du travail mais fait partie intégrale et est même nécessaire au labeur et à la démarche créative.  Il ne faut pas être désappointé ou déçu quand cela se produit. Tout comme l’enfant qui apprend à marcher, c’est à force de détermination et de pratique qu’on arrive à exceller dans l’art qu’on a choisi, et c’est par l’erreur qu’on progresse.

 

C’est aussi en terminant chaque œuvre qu’on avance.

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