L’impermanence de tout

Aujourd’hui, je veux prendre pleinement conscience de l’impermanence de la vie. Plusieurs personnes sont malades dernièrement autour de moi, quelques unes ont même des maladies graves, voire meurtrières.

 

La vie ne tient qu’à un fil et souvent, on ne l’apprécie même pas. Torturés de l’intérieur, malheureux, insatisfaits, qu’est-ce que nous faisons donc à laisser la vie filer entre nos doigts,  souvent sans même faire l’effort de nous en sortir, parfois sans savoir qu’il peut y avoir une issue?

 

Quelque chose m’a frappée la semaine passée. J’étais avec une amie qui vivait un moment difficile et je l’ai vue réagir comme la plupart des gens l’auraient fait. Je l’ai sentie blessée, découragée, déçue, désemparée. Quand nous avons reparlé de l’incident quelques jours plus tard, aucun de ces adjectifs ne sont sorti de sa bouche. C’est plutôt de frustration qu’elle parlait. J’ai été surprise mais en même temps ceci m’a permis de voir l’incontestable différence entre quelqu’un qui se laisse abattre et quelqu’un qui croit en elle-même. J’assume souvent que les gens sont plus fragiles qu’ils ne le sont réellement. Et voilà encore le concept du filtre qui revient. Tout ce que nous voyons, tout ce que nous percevons, nous le faisons à travers notre filtre personnel et un bon moyen de changer comment on évolue émotionnellement dans la vie est de prendre conscience de ce filtre et de le changer si on peut en se créant des nouvelles situations, en se créant de nouvelles références.

 

Enfin, je m’éloigne de l’impermanence. Pour revenir à la santé, n’est-ce pas notre bien le plus précieux? Puisque tout change à chaque jour, puisque je suis différente aujourd’hui d’hier, de même mon expérience créative est différente. Voici pourquoi, il est difficile pour plusieurs d’entre nous de travailler pendant des mois sur un même projet. Voici pourquoi, on désire commencer de nouveaux projets presque constamment, du moins c’est mon cas. J’adore commencer un projet, penser aux détails, aux couleurs, entrevoir l’oeuvre finie.

 

Chaque jour est différent du jour précédent. Nous sommes tous différents aujourd’hui d’hier, de nouvelles expériences se sont additionnées, de nouveaux souvenirs sont déjà imprégnés dans notre mémoire. Des sensations différentes sont ressenties dans notre corps dans le moment. Chaque jour est différent et chaque jour nous apporte quelque chose de précieux. Ce qui est important de se rappeler est de ne pas devenir victime ou se sentir abbatu quand ça ne va pas. Tout change à chaque seconde, des surprises nous attendent à chaque moment. L’impermanence : ce concept est la base de la vie et de la jouissance du moment présent. Quand on réalise que chaque seconde compte, que, quand ça va mal, ce n’est que temporaire, que tout peut changer en un instant, et que, quand ça va bien, on doit surtout en profiter pleinement.

 

Le moment présent : Sûrement le plus difficile est de vivre dans le moment présent le plus possible. Pourtant qu’y a-t-il d’autre?

 

Côté créativité, l’idée qu’une mauvaise journée sera suivie d’une bonne est très rassurante. L’idée que chaque moment est différent nous encourage, en tant qu’artiste, à continuer d’apprendre, à pratiquer, à travailler, même si on ne sent pas qu’on est dans le flow ».  En restant devant notre chevalet, quelque chose se manifeste éventuellement sur le canevas. On se doit d’accepter de rester flexibles et de prendre les jours moins productifs avec les plus féconds. Ce sont ces journées difficiles, où on n’a pas « lâché » qui sont la fondation des journées plus flexibles et fructueuses quand les couleurs et les formes surprenantes se manifestent, quand notre focus est au maximum, quand on se sent brillants.

 

On se doit de traiter notre art comme étant une partie intégrale de notre vie. On se doit de travailler à chaque jour. Une heure par jour n’est pas si difficile quand on en fait une priorité. Comme plusieurs, c’est souvent les priorités des autres qui priment dans ma vie. Mais je n’ai que moi à blâmer, après tout, je suis en charge de mes propres actions.

 

On se doit de reconnaître nos limites mais on ne peut pas penser qu’on ne pourra jamais s’améliorer. Ce n’est pas une situation permanente. Tout change constamment, tout est en mouvement. Demain n’apportera pas tout une panoplie de nouvelles compétences ou une  habilité soudaine, sans le travail d’aujourd’hui et d’hier. Accepter qu’on doive travailler nous permet d’élaborer une base solide sur laquelle on pourra s’appuyer pour continuer d’aller de l’avant dans notre art.

 

Le concept d’impermanence nous fait réaliser que tout ce qui existe maintenant passera, tout ce que nous ressentons maintenant, tout ce que nous sommes, changera inévitablement. L’acceptation de ce concept nous permet de trouver satisfaction et joie dans chaque étape du processus créatif, et de se renouveler constamment au fil des jours.

 

2 commentaires

  1. Salut! Besoin d’une petite pause au travail et j’ai décidé de voir si tu avais écrit récemment. Je n’avais pas lu cette dernière chronique en français et je dois dire qu’elle m’a fait comme une petite bouffée d’air frais dans ma journée. Tu devrais écrire plus souvent!

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