« Nous sommes ce que nous mangeons » comme on dit. Je savais que l’industrie alimentaire nourrissait ses poulets aux antibiotiques et hormones de croissance et que ces animaux sont abusés, empêchés de bouger pour qu’ils engraissent plus vite, et on peut continuer, mais je ne savais pas que l’on leur donnait de l’arsénique de façon systématique pour améliorer encore un peu plus leur croissance et supposément les protéger contre certaines maladies intestinales.
Je ne mange plus de poulet depuis plus d‘un an, ni de bœuf ou de porc. L’abus systématique de ces animaux m’empêche de digérer.
Alpharma est une filiale de Pfizer qui commercialise le Roxarsone (ou l’acide 3-nitro-4-hydroxyphénylarsonique (C6H6AsNO6) depuis les années 40. On observe chez les poulets traités au Roxarsone, une croissance plus rapide et une peau plus jaune, ce pourquoi il est utilisé surtout pour les poulets « de rôtisserie » (vous savez cette belle peau dorée…). Le Roxarsone est de l’arsénique organique, pas dangereux en soit, mais se transforme en arsénique inorganique, un agent cancérigène, dans le foie du poulet. L’exposition chronique à de petites quantités d’arsénique inorganique a aussi été liée aux maladies de cœur, au diabète et à la baisse des fonctions du cerveau
Pour éviter que l’arsénique reste dans le système du poulet jusqu’à la consommation, on cesse de lui en donner 5 jours avant de le tuer. Cependant, une récente étude a démontré que l’arsénique était toujours présent dans le foie du poulet lors de sa mort, et la FDA note aussi que la viande de poulet propre à la consommation humaine peut contenir une certaine quantité d’arsénique mais d’une quantité trop basse pour être dangereuse. Vraiment? Est-ce que l’on veut prendre une chance de s’empoisonner à petit feu? Tout est toujours assez sécuritaire jusqu’à ce qu’une nouvelle étude prouve le contraire.
Pfizer a donc décidé de cesser de commercialiser le Roxarsone aux Etats-Unis (peur des poursuites ?). Mais la compagnie vend aussi ce produit à une douzaine d’autres pays, entre autres, le Canada, le Mexique et l’Australie. À date, c’est seulement aux Etats-Unis qu’ils devaient arrêter et même si Pfizer cesse de commercialiser le produit, ça ne veut pas dire qu’il ne sera plus disponible puisque la Chine en produit et le vend aussi à travers le monde.
L’utilisation du Roxarsone est aussi approuvée pour l’élevage des porcs et des dindons même si une étude publiée dans le journal Canadian Vet en 1990 a démontré qu’une erreur de dosage minime peut mener à un empoisonnement des animaux causant des désordres neurologiques et même la mort pour certains. Et puis il y a les œufs, personne n’a apparemment vérifié s’il y a des quantités d’arsénique dans les œufs, seulement les tissus musculaires et le foie ont été testés.
Un autre point à considérer est la présence d’arsénique qui se retrouve dans le fumier de poulet, qui est largement utilisé comme engrais en agriculture. Et qu’arrive-t-il lors des pluies ou de l’arrosage ? Lessivage vers la nappe phréatique, vers les eaux de surface. Il y a aussi des questions quand au recyclage du fumier comme nourriture pour les bovins.
Pour l’instant, l’utilisation du Roxarsone est encore approuvée pour les poulets et les porcs au Canada, au Mexico, en Malaisie, en Indonésie, aux Philippines et au Vietnam et pour le poulet seulement au Chili, en Argentine, au Pérou, au Venezuela, au Brésil, en Australie, au Pakistan et en Jordanie.