Le Bureau d’audiences publiques en environnement (BAPE) du Québec a publié un rapport aujourd’hui demandant au ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP) de revoir les limites des quatre réserves de biodiversité projetées afin d’inclure certains éléments additionnels d’intérêt. Ces éléments sont de nature biophysique, faunique, paysager ou culturelle. Les recommandations concernent les réserves de biodiversité du lac des Quinze, du lac Opasatica, de la forêt Piché-Lemoine et du réservoir Decelles.
Le BAPE souligne dans son rapport l’importance d’évaluer la potentialité de connecter la réserve de biodiversité du lac Opasatica et le secteur des montagnes de Kékéko. L’organisme environnemental Nature Québec avait recommandé cette connexion, qui, selon eux, servirait bien les intérêts de la conservation au Québec, puisque la région située au nord-est du lac Opasatica comprend de nombreux éléments d’intérêt pour la conservation.
En plus des recommandations concernant les limites des réserves, le rapport du BAPE mentionne plusieurs problèmes quant à la mise en place du réseau d’aires protégées au Québec. En autres, il est d’avis qu’il serait approprié de tenir des consultations publiques dès le début de la démarche de sélection des territoires. De plus, on mentionne aussi l’importance de la connectivité entre les aires protégées, et le fait que les petites aires protégées ne permettront pas de maintenir la biodiversité en forêt boréale là où les perturbations naturelles sont importantes.
Enfin, le BAPE presse le gouvernement québécois à démontrer son engagement envers la Stratégie québécoise sur les aires protégées (SQAP) en demandant au gouvernement de soutenir le MDDEP dans ses négociations avec le ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF) pour la création d’aires protégées. En effet, ces deux ministères agissent souvent à contresens puisque le MRNF, dont la vocation économique l’emporte habituellement sur sa mission de protection des ressources naturelles, veut toujours limiter la taille et l’emplacement des aires protégées.
Il y a donc encore beaucoup de travail à faire pour l’obtention d’un réseau d’aires protégées représentatif de la biodiversité québécoise et apte à la protéger. Il est en outre important de tenir compte de certains principes reliés à la biologie de la conservation, tels la connectivité et l’intégrité écologique, lors de la sélection des territoires à protéger. De plus, Nature Québec mentionne que les territoires du sud du Québec et ceux situés en milieu marin, quoique riches en biodiversité, ne sont pas protégés, disparaissent rapidement, et devraient être inclus dans le réseau d’aires protégées du Québec, ce qui n’est pas le cas actuellement.