L’Assemblée générale des Nations Unies a déclaré l’année 2008 comme l’Année internationale de l’assainissement. Aujourd’hui est la journée mondiale de l’eau 2008 et les questions mises en relief relèveront donc d’assainissement.
Comme les Nations Unies le disent si bien: “Le but est d’augmenter la sensibilisation et d’accélérer les progrès vers l’atteinte des objectifs mis de l’avant dans « Buts de Développement du Millénaire » qui vise à réduire de moitié le nombre de personnes (2,6 milliards) n’ayant pas accès à des infrastructures d’assainissement d’eau d’ici 2015”. On estime qu’entre 35 et 50 % des résidents urbains d’Afrique et d’Asie n’ont pas d’accès adéquat à de l’eau potable.
L’eau, y a-t-il quelque chose de plus important, de plus vital? Depuis toujours, l’élément liquide fait partie intégrante du profil humain. Avant la naissance, nous flottons dans le liquide. Nos premières sensations, nos premières émotions sont intimement liées à l’eau. Notre corps est composé de 70% d’eau et cet élément est essentiel à notre survie. Aujourd’hui, dans les pays industrialisés, l’eau est devenue un simple bien de consommation qu’on utilise sans penser avant de la renvoyer vers l’usine de traitement. Nous surexploitons à l’extrême les réserves d’eau et ce partout au monde. En pompant l’eau souterraine à outrance, nous risquons d’épuiser nos rivières, lacs et ruisseaux. Au-delà du non respect et de la dégradation de notre ressource par l’utilisation de produits chimiques soit par l’industrie ou par l’agriculture, on estime à 200 milliards de mètres cubes la quantité d’eau extraite chaque année qui n’est pas remplacée naturellement. Pourtant, seulement 3% de l’eau de la planète est propre à la consommation et de ce pourcentage, la presque totalité est contenue dans les glaciers, les neiges et les eaux souterraines, ce qui ne laisse que 0.3%des eaux terrestres comme réservoir d’eau douce (lacs et cours d’eau).
Globalement, nous soutirons le double du volume d’eau douce prélevé il y a cinquante ans selon Environnement Canada. Ici, au Québec, les groupes environnementaux pressent le gouvernement de passer à l’action afin d’interdire toute dérivation ou exportation d’eau, à l’exception de quelques cas limités. Si le Québec a signé une entente il y a 2 ans visant ceci (l’Entente sur les ressources en eaux durables du bassin des Grands-Lacs et du fleuve Saint-Laurent), aucune la loi n’a encore été adoptée pour mettre en œuvre et définir les objectifs de conservation de l’eau au Québec. Et bien que la Loi sur la préservation des ressources en eau du Québec interdise les dérivations hors de son territoire, de nouveaux ajustements législatifs doivent être mis en place pour empêcher les détournements entre le bassin du Saint-Laurent et le reste du Québec, et permettre une meilleure gestion des prélèvements dans le bassin.
La croissance économique de la région, couplée au réchauffement climatique augmenteront les prélèvements et la consommation de l’eau dans les années à venir. Il est du devoir du gouvernement de prendre des mesures de prévention afin de préserver cette précieuse ressource.
En cette journée mondiale de l’eau, apprécions cette ressource et goûtons à chaque gorgée consciemment, nous qui avons la chance d’être dans un pays où l’accès à l’eau potable est pris pour acquis.