En octobre 2007, le magazine Science et vie (1081 :84-89) rapportait qu’une équipe de chercheurs venait de mettre en évidence le chemin neuronal qu’un souvenir emprunte avant d’arriver à l’oubli. Les travaux de cette équipe de chercheurs du Centre de neuroscience et de l’Institut des sciences cognitives de l’Université du Colorado semblent donc indiquer qu’il es possible d’oublier certains souvenirs si on y met de la volonté. Grâce à l’imagerie cérébrale, les chercheurs comprennent maintenant le processus de mémorisation et ont mis en lumière les trois aires spécifiques du cerveau mises en cause. Les trois étapes sont : l’encodage (la mémorisation des sensations et les détails du souvenir), le stockage qui les conserve et la récupération quand on se remémore l’incident. L’oubli peut donc avoir trois causes reliées à l’une de ces étapes. Au moyen de l’imagerie fonctionnelle par résonance magnétique (IRMF), les chercheurs on identifié la région du cerveau qui était la plus active lorsque les patients oubliait les souvenirs comme étant le cortex préfrontal, situé à l’avant du crâne. Cette zone prend en effet le contrôle et empêche les autres régions généralement impliquées dans la mémoire de s’activer normalement (l’amygdale qui s’occupe des émotions, l’hippocampe pour la mémoire et le cortex visuel ainsi que le thalamus qui s’occupe du traitement visuel), empêchant la rétention su souvenir. Une autre expérience, cette fois sur des rats, a permis d’identifier une drogue capable d’effacer sélectivement un souvenir. Les psychanalystes ne s’entendent cependant pas sur l’efficacité thérapeutique d’effacer un mauvais souvenir. Certains pensent plutôt qu’il est important de se souvenir pour travailler à passer par-dessus certains traumatismes car ceux-ci pensent qu’un souvenir ne peut être complètement oublié et peut refaire surface à tout moment. En effet l’expérience s’est déroulée sur une courte durée et ne permet pas de savoir si le souvenir est oublié à plus long terme. Ceci ouvre néanmoins de nouvelles possibilités pour le traitement du stress post-traumatique, de phobies ou d’autres expériences émotionnelles traumatisantes.