Un article d’Erik Assadourian, publié sur le site web de Worldwatch (http://worldwatch.org/node/5505), a attiré mon attention récemment. Cela parlait de « freeganisme ». Je n’avais jamais entendu parler de cela mais apparemment, ceci est un choix de vie qui gagne en popularité dernièrement. D’après le site web des Freegans, (http://freegan.info/) c’est un style de vie qui met en pratique des “Stratégies pour vivre de façon durable au-delà du capitalisme”, ce qui veut dire que les gens qui embrassent ce style de vie « emploient des stratégies alternatives pour vivre, basées sur leur participation limitée dans l’économie conventionnelle et une consommation minimale de ressources. Ils adoptent des valeurs de communauté, de générosité, de préoccupation sociale, de liberté, de coopération et de partage contrairement à une société fondée sur le matérialisme, l’apathie morale, la compétition, la conformité et la cupidité. » De très bonnes valeurs mais…ils jugent un peu vite et très durement. Ça me fait un peu penser aux hippies des années 60’s sans le « Peace & Love ».
Les adhérents sont très persuadés et essaient, autant qu’ils le peuvent, de vivre selon ces principes. Ils échangent vêtements, meubles et autres articles gratuitement entre eux et joignent certains organismes tel que Freecycle (http://www.freecycle.org/), un groupe de plus de 4 millions de membres à travers le monde. Certains freegans choisissent même de manger ce qu’ils trouvent dans les contenants à déchets des entreprises, restaurants ou supermarchés plutôt que d’acheter leur nourriture. L’article mentionne que cette pratique est une perte de temps qui pourrait être mieux utilisé à travailler dans des fermes écologiques et questionne la valeur de ce qui est trouvé dans ces contenants à déchets (pas très santé, une grande partie étant des sucreries, de la nourriture préemballée, des aliments qu’on ne devrait pas manger de toutes façons). Finalement, ceci aide les compagnies en les aidant à réduire leurs frais d’enfouissement.
Selon le gouvernement britannique, il y aurait apparemment 70% de toute la nourriture qui serait gaspillé avant d’atteindre la bouche du consommateur. Ceci semble énorme et il y a certainement une valeur à récupérer une bonne partie de ceci. Mais abordent-ils le problème de la bonne façon? Je ne sais pas. Le mot freegan vient d’une combinaison de « free » et de « vegan ». Le freeganisme veut boycotter un système économique qu’ils perçoivent comme pourri et supportant l’exploitation, les pratiques non éthiques, la pollution et la destruction de la terre. Ils choisissent ainsi de ne soutenir aucune compagnie parce qu’elle pourrait être impliquée dans un système basé strictement sur le profit et la cupidité. Une bonne idée en principe. Mais que font-ils pour changer quoi que ce soit? Et comment influencer et révolutionner quoi que ce soit en refusant de faire partie de la solution et de participer de quelque façon à l’amélioration de la société qu’on dénigre? Personnellement, je pense que c’est une très bonne façon de justifier de prendre avantage des autres et de vivre à leurs dépends.
Ils encouragent l’occupation illégale des édifices, incitant les gens à vivre dans des environnements non sécuritaires et insalubres. Il est vrai qu’il est dommage que certaines personnes n’aient pas de domicile mais d’accuser les propriétaires et les municipalités de laisser les édifices à l’abandon simplement à cause des profits est un peu simpliste comme analyse. Ces édifices sont souvent dangereux et demandent des travaux de réhabilitation extensifs. Parfois, le propriétaire n’a pas les moyens de faire les travaux nécessaires pour rendre l’édifice assez sécuritaire pour être habité. Souvent, les parties étudient des solutions qui seront plus avantageuses pour les futurs résidents. Les freegans justifient ensuite le squattage en disant que ces gens réhabilitent souvent les édifices occupés de la sorte. Si ceci est vrai, c’est sûrement l’exception qui confirme la règle.
Ils disent ne pas utiliser d’automobiles. Ceci est très bien et tous sont d’accord que les systèmes de transport en commun doivent être améliorés et que des solutions de carburants alternatifs doivent être mises de l’avant, mais ils continuent en disant qu’il est acceptable de faire du pouce. Cela n’est-il pas peu hypocrite? Ils justifient ceci en disant qu’ils remplissent une auto déjà sur la route ce qui est vrai. Mais techniquement, plus la voiture est pesante, plus elle consomme de gazoline. Le chauffeur fera-t-il un détour pour accommoder l’auto-stoppeur, dépensant alors plus de carburant? Quand vous montez à bord d’un véhicule, vous utilisez ce véhicule au même titre que le chauffeur, la seule différence est que le propriétaire du véhicule qui a la gentillesse de vous laisser monter à bord paie le carburant et pas vous.
C’est certainement vrai que la société Nord-américaine moyenne gaspille de façon incroyable et qu’il est merveilleux de composter, recycler et de réparer plutôt que de remplacer les biens de consommation quand ceci est possible. Il existe plusieurs programmes dans chaque communauté qui permettent de donner ce que nous n’utilisons plus, de recycler nos vêtements, nos outils et une grande partie de nos rebus. Il est certainement possible de vivre plus vert en faisant des choix judicieux à chaque jour sans avoir à devenir freegan.
Ils continuent en parlant des sacrifices que tous font en travaillant pour payer leurs factures car eux croient au principe d’être « volontairement sans emploi ». En tant que je suis concernée, d’avoir la fierté de travailler est un choix personnel que chacun fait et c’est notre droit d’en faire autant. Il n’est pas vrai que travailler égal sacrifice pour la plupart des gens. S’il est vrai que l’on doit sacrifier une partie de notre temps et de notre énergie, le travail apporte aussi beaucoup de satisfaction, des amitiés, de la fierté et surtout permet de grandir et de progresser. On ne peut pas tout avoir. Des choix doivent être assumés chaque jour. Ils blâment le travailleur, la personne qui ne veut qu’une amélioration de sa vie, de celle de sa famille, de ses enfants, pour la “destruction et le gaspillage” puisqu’ils ne sont que les “ engrenages d’une machine de violence, de mort, d’exploitation et de destruction”.
Il est vrai qu’il y a beaucoup d’abus dans le monde, beaucoup de destruction inutile. Ils parlent autonomisation coopérative mais ce qu’ils font est de décrocher purement et simplement de la société tout en prenant avantage de certains systèmes sociétaux (sauter dans un train sans payer = voler un passage et squatter= vivre dans les locaux de quelqu’un d’autre illégalement, lui voler son espace). C’est bien sûr un choix qu’ils ont, je suppose, le droit d’assumer. Mais ils ne peuvent pas ensuite prétendre aider ou influencer le futur de la société moderne, de notre planète quand ils font le choix conscient de s’exclure de quelque position qui leur permettrait de poser une action positive pour améliorer le sort des générations futures. En fait, ce retrait de la société est à mon avis une belle excuse pour se défiler et ne pas participer à la construction d’un monde meilleur. Quand on a une vision et qu’on voit quelque chose qui devrait être changé, ce qu’on doit faire est de s’impliquer et d’agir positivement pas de se retirer et de blâmer tout le monde.
Intéressant je vais visiter leur site,
Le débat n’est plus sur les problèmes de la planète, mais sur une stratégie d’aide, de coopérations pour des alternatives.